Lucy + Jorge Orta

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Vita Extremis : 1992 - 2022
09.09.22 - 27.11.22

Vita Extremis : 1992 - 2022

Le 19 juillet, 38,1 degrés étaient enregistrés à Uccle (Brussels). Un record de température parmi tant d’autres en cet été 2022 parcouru par les canicules, les incendies de forêts et la sécheresse. Le réchauffement climatique accélère, avec des conséquences majeures sur la santé humaine, la biodiversité, l’alimentation, les migrations.

Conscient et prescient des grands enjeux sociaux et environnementaux, le duo Lucy + Jorge Orta répond depuis sa création en 1992 par un art « catalyseur », porteur de solutions et d’optimisme. Mobilisant la dimension participative et l’empathie, il éveille et fédère ses publics autour d’une « éco-conscience », enrichissant le bien commun par l’art (et réciproquement, l’art par le bien commun).

Vita Extremis offre à la fois un regard rétrospectif sur l'œuvre prolifique du duo ces trente dernières années, autour de leurs principaux méta-projets et accueille de nombreuses nouvelles pièces du projet Amazonia.

L’ exposition retrace l’itinéraire exceptionnel de ce couple et célèbre ses trente années d’existence. Elle offre un parcours rebondissant et interpellant aux côtés de ces éclaireurs engagés sur les enjeux majeurs de notre temps, réchauffement climatique, réfugiés, chute de la biodiversité, pénurie et pollution de l’eau, alimentation...

Le duo mêle l’utopie et l’activisme autour de méta-projets au long cours (Antarctica, Food, Amazonia, OrtaWater, Clouds, Nexus Architecture...) et s’appuie sur de multiples supports : sculpture, couture, peinture, photographie, performance, dessin, vidéo, etc. Primé par l’ONU Environnement en 2007, le duo mêle le terrain à sa pratique, lors de nombreuses expéditions en Amazonie ou en Antarctique et collabore avec les scientifiques et les ONG. Il mobilise son répertoire d’objets-interventions (parachutes, tentes-refuges, gilets de sauvetage, combinaisons, brancards...) lors d’évènements mondiaux comme la COP26 en 2021, afin d’évoquer notre monde sous tension.

Les peintures éclatantes de la nouvelle série « Fabulae Florae » en dialogue avec les floraisons de nouvelles créations textiles, révèlent leur investissement renouvelé dans leur projet au long cours Amazonia, consacré à la biodiversité et l'évolution des espèces depuis 2010. Un grand poème brodé donne la parole à Gaïa, que « le Progrès » finit par écouter. Cette ode passionnée à la biodiversité et à la flore luxuriante de l’Amazonie, invite à la protéger.

Au centre de la galerie, la courbe d’un parachute émerge au-dessus des cimaises. Entouré de fragments de tentes aux multiples écussons, il désigne l’univers pacifique et « universel » du meta-projet Antarctica.

L’Antarctique, sans frontières ni armées, est aussi une région inhospitalière aux températures extrêmes, où la survie est en jeu. Mêlant symbolique de l’urgence et du bien commun, Lucy + Jorge Orta unit les partisans de ce monde partagé, grâce au « Passeport Universel Antarctique » qui rassemble plus de 50 000 citoyens depuis 2008.

L’eau, elle aussi précieuse et menacée, ondoie sur les abords de l’exposition. OrtaWater (meta-projet inauguré en 2005) s’unit à Clouds (meta-projet lancé en 2011) pour aborder les enjeux de l’eau et de l’océan. Un nuage bleu de bouteilles recyclées sur le tricycle cargo, un gilet de sauvetage, un petit bateau viennent rappeler les enjeux de la mer et rappelle l’exode périlleux de nombreux réfugiés.

Parsemés dans l’exposition, des « Life Guards » veillent. Ces vigies de la joie de vivre, représentent à la fois la fragilité et la résilience. Elles prennent forme sous forme de brancards, ayant chacun une fonction de secours. Lucy + Jorge Orta sont des « passeurs » vers un nouveau monde qui succèdera à l’Anthropocène, notre ère géologique actuelle façonnée par l’utilisation de pétrole. Ce passage se double d’une dimension poétique et symbolique, qui se veut aussi l’esquisse d’une proposition réparatrice.

Par Alice Audouin

EspaceGrande Nef



VUES DE L'EXPOSITION

SÉLECTION D'ŒUVRES EXPOSÉES