Pol BURY

Pol BURY (1922 - 2005)

Né en 1922 dans la ville belge de Haine-Saint-Pierre et décédé en 2005 à Paris, Pol Bury entame sa carrière dans le domaine du surréalisme, dans le sillage de René Magritte et d’Yves Tanguy. C’est son intérêt pour l’inconscient comme source d’inspiration qui le mène à fréquenter les cercles surréalistes, de même que le groupe CoBrA. Au début des années 1950, Bury se retrouve néanmoins davantage dans les valeurs de l’abstraction géométrique, alors en plein essor. Il expose dès 1947 avec le groupe de La Jeune Peinture Belge, qui met l’abstraction à l’honneur, et participe à la création du groupe Art Abstrait en 1952. En 1950, il découvrait l’œuvre d’Alexandre Calder à la galerie Maeght à Paris, une rencontre qui marque un tournant décisif dans sa carrière et le pousse à collaborer quelques années plus tard à l’écriture du Spatialisme (1954) avec Jo Delahaut, Jean Séaux et K.-L. Elno, qui prône l’intégration du temps et du mouvement dans l’art.

Bury, qui souhaite renouveler le champ de la peinture de chevalet, fait ainsi du mouvement le point d’attraction essentiel de ses œuvres, ce qui le consacrera comme le principal représentant de l’art cinétique en Belgique. En 1953, l’artiste réalise ses premiers reliefs mobiles appelés Plans mobiles, qui se meuvent encore de manière entièrement manuelle. A partir de 1954, il intègre un moteur électrique à ses reliefs et puis à ses sculptures, tel que dans 21 tiges se reflétant dans une forme courbe, acquise par les grands collectionneurs américains Hannelore et Rudolph Schulhof en 1969. Notons que le dessin préparatoire de l’œuvre a été repris pour l’affiche de l’exposition de l’artiste à la galerie Lefebre en 1968.

Au cours de l’année 1967, Bury abandonne le bois pour le métal, qui lui permettra de sculpter des formes plus audacieuses. Si par la suite, l’artiste se servira d’aimants et enfin de systèmes hydrauliques pour engendrer le mouvement dans ses sculptures - Bury est aujourd’hui mondialement célèbre pour ses fontaines publiques - dans 21 tiges se reflétant dans une forme courbe, le mouvement est encore uniquement mécanique. Tout au long de sa carrière, Bury opte pour un mouvement lent et imprévisible, qui surprend le spectateur. Cette caractéristique originale procure mystère et étrangeté aux œuvres de l’artiste belge, ceci participant à leur indéniable singularité.

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